Changement climatique

extrait du site de la Mission Interministérielle de l'Effet de Serre (MIES) http://www.effet-de-serre.gouv.fr

Qu'est-ce que l'effet de serre ?

La température moyenne de notre planète résulte de l'équilibre entre le flux de rayonnement qui lui parvient du soleil et le flux de rayonnement infrarouge renvoyé vers l'espace.

La répartition de la température au niveau du sol dépend de la quantité de gaz à effet de serre (GES) présents dans l'atmosphère. Sans eux, la température moyenne serait de - 18°C et la terre serait inhabitable. Leur présence amène cette température à 15°C.

Les gaz responsables de l'effet de serre d'origine anthropique sont le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4), l'oxyde nitreux (N2O), l'ozone troposphérique (O3), les CFC et les HCFC (1), gaz de synthèse responsables de l'attaque de la couche d'ozone, ainsi que les substituts des CFC : HFC, PFC et SF6.

Les gaz à effet de serre sont naturellement très peu abondants. Mais du fait de l'activité humaine, la concentration de ces gaz dans l'atmosphère s'est sensiblement modifiée : ainsi, la concentration en C02, principal GES, a augmenté de 30% depuis l'ère préindustrielle.
Les effets combinés de tous les GES équivalent aujourd'hui à une augmentation de 50% de CO2 depuis cette période.

1  Quel sont les effets de l'augmentation des émissions de GES sur le climat?

Le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC (2) ) a rendu en 2001 son troisième rapport scientifique. Il conclut entre autres que :
- depuis 1750, le taux de CO2 dans l'atmosphère a augmenté de 30%, celui de CH4 de 145%.
- depuis la fin du 19ème siècle, la terre s'est réchauffée de  0,6° et on a assisté à une montée du niveau des océans de 10 à 25 cm.
- toutes les analyses confirment l'effet notable des activités humaines sur ces variations, même s'il demeure de nombreuses incertitudes sur leurs évaluations, et surtout sur les conséquences qui peuvent s'ensuivre.
- "La comparaison entre le changement observé dans la température moyenne globale et le résultat des simulations suggère que le réchauffement des cent dernières années n'est vraisemblablement pas dû aux seules causes naturelles et que les caractéristiques géographiques d'un réchauffement dû aux activités humaines sont identifiables dans les observations du climat".

2  Que peut-on dire pour le futur ?

D'après le rapport du GIEC, d'ici 2100, selon différents scénarios liés au développement de la société, le réchauffement pourrait atteindre 1,4 à 5,8°C et la mer monter de 9 à 90 cm, (ceci principalement sous l'effet d'une dilation thermique de l'eau). La hausse des températures devrait provoquer des cycles hydrologiques plus vigoureux, c'est-à-dire des sécheresses et des inondations plus sévères et une augmentation des précipitations. Une évolution rapide et soutenue du climat pourrait également modifier l'équilibre entre les espèces, et provoquer un dépérissement des forêts, qui sont notamment des puits de CO2.
En France , on prévoit d'ici à 2060, un accroissement de 1°C à 2°C de la température moyenne, avec pour impacts : une redistribution des cartes dans l'agriculture, due à la réduction des cycles de culture; une redistribution des pathologies entre hiver et été; un risque accru de submersion des deltas, des lagunes et des marais maritimes; une redistribution de la flore; une nette diminution de la durée d'enneigement particulièrement en dessous de 1500 mètres d'altitude.
Les projections obtenues sont plus fiables aux échelles hémisphériques ou continentales qu'à l'échelle régionale. On se fie davantage aux prévisions concernant la température qu'à celles concernant le cycle hydrologique.

Pour ce qui concerne l'
Europe, les projections concluent plutôt à un réchauffement, accompagné d'une intensification des cycles hydrologiques, dont l'amplitude croîtrait dans la partie nord de l'Europe et diminuerait dans la partie sud. En France (3), l'élévation du niveau de la mer provoquerait l'inondation permanente des espaces côtiers aujourd'hui à peine ou incomplètement émergés. En métropole, les régions les plus concernées sont les espaces deltaïques de la Camargue ainsi que le rivage à lagunes du Languedoc. En outre, dans les DOM-TOM, la hausse des températures des eaux marines peut être néfaste pour les coraux qui pour beaucoup d'entre eux ne survivent pas au-delà de 29° - 30°. Elle est également susceptible d'accroître la fréquence et l'amplitude des cyclones, particulièrement néfastes pour les atolls. L'élévation de la température entraînerait également une nette diminution (de 20 à 30 %) de la durée de l'enneigement dans les Alpes à basse altitude (1500 m). Il est important de souligner que ces prévisions ne préjugent pas de l'apparition d'effets de grande ampleur qui pourraient être liés par exemple à des bouleversements de la circulation océanique.

3  Quels sont les dangers probables liés au réchauffement ?

Il est probable que les pays les moins développés et les écosystèmes les plus vulnérables souffriront le plus des changements climatiques. Par un accroissement de la sécheresse entraînant une chute des rendements agricoles dans les zones arides, et donc des risques de famine, par le passage sous le niveau de la mer de zones côtières, d'îles, d'archipels...

D'une façon générale, l'amplitude et la fréquence des orages, des inondations et des crues, des tempêtes ainsi que des cyclones pourraient augmenter, entraînant ainsi une intensification des accidents météorologiques.

Hormis dans les régions froides, où la mortalité due au froid reculerait, le réchauffement climatique aurait essentiellement des conséquences préjudiciables sur la santé humaine. D'une part, le renforcement et l'allongement des périodes de chaleur augmenteraient, principalement dans les villes, la mortalité et les affections cardiorespiratoires; d'autre part, les aires touchées par les maladies infectieuses véhiculées par les insectes tropicaux s'étendraient considérablement.

Enfin, de façon globale, d'après le second rapport du GIEC, le coût des dommages liés à une augmentation de la température de 2,5°C, est estimé à 1,5-2% du PIB mondial. Ce coût se décline en 1-1,5 % du PIB pour les pays développés et il pourrait être très supérieur à 2 % pour les pays en développement.


1) Les CFC et les HCFC sont régis par le Protocole de Montréal.
2) Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a été créé conjointement par l'Organisation météorologique mondiale et par le Programme des Nations Unies pour l'environnement en 1988. Il a pour fonction d'évaluer : (i) les données scientifiques disponibles sur l'évolution du climat, (ii) les incidences écologiques et socioéconomiques de cette évolution et (iii) de formuler des stratégies de parade, dites d'atténuation et d'adaptation. Le GIEC a notamment produit un premier rapport d'évaluation en 1990, et un second rapport d'évaluation en 1995.
3) Un document intitulé "Impacts potentiels du changement climatique en France au XXIème siècle" a été publié par la Mission Interministérielle de l'Effet de Serre et le Ministère de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement.

LIENS

Institutionnels

ONG